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Chapitre non concerné par le Jeu Concours
Le vaisseau était exagérément boursouflé, presque aussi gros que la planète à qui il empruntait l’orbite stellaire sur laquelle il se laissait glisser, tous feux éteints, moteurs au point mort depuis un bon nombre d’années. C’était d’ailleurs plutôt une nef qu’un vaisseau à proprement parler.
De plus près, la surface état tout le contraire d’un havre de paix.
L’attaque était d’une violence telle que n’en avaient jamais connu ni les assaillis ni les assaillants. Des essaims entiers d’exterminateurs volaient à basse altitude arrosant d’une pluie de feu les populations paniquées cherchant à fuir la surface et à s’enfoncer dans les profondeurs du gigantesque appareil. Les mères et les enfants couraient au milieu des explosions sous les débris projetés par ce chaos, les poutrelles de plusieurs tonnes, des pans entiers de bâtiments se disloquant dans la poussière et les étincelles. Des intercepteurs plus rapides faisaient des passages éclair pour torpiller les dispositifs de défense anti-aériens. Même les robots bi-blocs de service perdaient la raison et roulaient de toute leur vitesse parmi la foule, causant nombre d’accidents. Un épouvantable tableau de mort et de carnage aveugle.
Strange cyborg

Cyborg etrange

Dès que l’attaque avait débuté, le capitaine avait été envoyé chercher d’urgence sur la planète voisine. Il avait dû mettre un terme immédiat à sa visite d’inspection des mines et installations qui pourvoyaient le vaisseau en ressources diverses pour revenir précipitamment reprendre les commandes.
La corvette parvint à rallier une plate-forme d’amarrage encore opérationnelle et à s’y vautrer dans la violence d’un atterrissage en catastrophe, laissant, dans son sillage de débris fumants, les patins qui avaient tâché d’amortir le fracas et la plus grande partie du ventre de l’appareil. Une rampe d’accès parvint néanmoins à se libérer et le capitaine y apparut, indemne, entouré de son escorte personnelle, pressé d’en découdre.
Une cohorte d’hommes en armes et de gradés courut à sa rencontre pour le réceptionner et lui apporter leur maigre protection.
- Second, je veux un rapport des dégâts. Soyez concis.
- C’est une véritable constellation d’appareils ennemis qui nous pilonne. L’attaque porte sur toute la surface mais le flanc gauche semble être le plus visé. Quatre pays ont déjà connu des effondrements de plusieurs centaines de kilomètres carrés de carlingue. Nous essayons d’estimer le nombre des victimes et les temps de réparation mais… Mais le bilan ne cesse de s’alourdir. Les principaux dégâts portent sur les tours externes et les pôles de défense tactique. Notre flotte aérienne opérationnelle avait été envoyée pour faire barrage mais elle a été pour la plus grande partie détruite ou dispersée par l’ennemi. Le pire est qu’il ne s’agit que d’une première vague d’assaut. Les destroyers sont en chemin, ils seront là dans les trois heures qui viennent. Les populations tentent de gagner les profondeurs, l’équipage commence à se démoraliser. On a complètement perdu le contrôle de la situation depuis quarante minutes.
- Les moteurs sont-ils fonctionnels ?
- Les …
- Vérifiez !
Le petit groupe s’était engagé au pas de course dans la porte béante d’une tour en partie déchirée. Ils arpentaient les coursives les séparant du poste de pilotage en s’emparant de tous les moyens de transports personnels qu’ils pouvaient trouver à l’abandon sur leur chemin. Ils en eurent bientôt assez pour rallier les trans-charge destinés à l’industrie lourde qui leur ouvraient l’accès aux ponts de commandement.
- Alors ces moteurs ? Vous dormez ?
- Non… heu non. Il semblerait que le haut cardinal-machine les aie remis en route lui-même pour se protéger d’une attaque passant par les réacteurs. Une flottille complète était entrés dans le vaisseau – Ils voulaient certainement s’en prendre au noyau énergétique mais il a réussi à la faire brûler toute entière dans la chambre de combustion. C’est à cela qu’elle sert du reste.
Il n’est de stratégie valable qui ne comporte une part de risque inconsidéré
- Parfait donc nous pouvons nous déplacer. Prévenez les émissaires de tous les pays. déclenchez la loi martiale, que les populations regagnent les quartiers intérieurs. Nous allons adopter la configuration de voyage. Est-il envisageable que nous puissions entrer dans le MOAD ?
- Dans le MOAD ? Mais capitaine, la densité du nuage est trop importante, nous allons nous disloquer!
- Ingénieur, expliquez-leur ce que vous me disiez dans la corvette.
- Hè bien, la rotondité du vaisseau et la solidité de la coque devrait nous permettre de résister à la pression si les moteurs suivent et que nous colmatons les brèches avec de la mousse nanogène à base de polycarbone. En revanche, les petits appareils qui nous attaquent ne devraient pas pouvoir nous suivre. Leur fragilité les condamnerait à être broyés par la pression du nuage.
- Et les tuyères ?
- Elles sont capables de nous arracher à l’attraction d’une naine noire et elles sont en bon état, nos hisseurs, quant à eux, sont capables d’accrocher n’importe quel type de rayonnements y compris la matière noire alors je pense que nous n’aurons aucun problème de ce côté là mais…
- Nous aurons tout le temps de comprendre ce qu’est réellement le MOAD quand nous serons à l’intérieur. Et puis rappelez-vous l’académie : “Il n’est de stratégie valable qui ne comporte une part de risque inconsidéré”. J’ai donné des ordres. Obéissez!
- vous souhaitez de la musique ? Faut-il que je convoque un musicien ?
- Plus que jamais, colonel. Faites venir un surdoué, un génie, de n’importe quelle époque et d’où que vous vouliez mais qu’il soit prodigieux, je vous en conjure, c’est essentiel.
- Très bien. Je vais faire l’impossible.
Ils pénétrèrent dans le centre de pilotage au pas militaire. Le capitaine prit place devant son siège sans s’asseoir. Il fit un geste et une sorte d’arbre sortit du sol. Il empoigna deux de ses branches bourgeonnantes et plaça son visage dans une cavité conçue à cet effet.
Dans le même temps, un homme fit son apparition sur le pont, habillé à la mode d’un autre millénaire. sans mot dire, il s’installa derrière un clavier splendidement ouvragé, posa ses doigts sur les touches et mille cœurs retentirent soudain.
A l’extérieur du vaisseau d’immenses tentacules ramifiés se dégagèrent du sol et commencèrent à battre en tous sens, pulvérisant déjà bon nombre des assaillants qui volaient le plus bas. L’un des plus impressionnants se retourna contre le vaisseau lui même et, épluchant la carlingue comme un fruit mûr, et frappa de plein fouet une plate-forme massive encore debout, surplombant le fuselage monstrueux de la nef. Sa chute y projeta une ombre chahutée par le rougeoiement intermittent des explosions.
Le tentacule en s’abattant y creusa un sillon de plus d’un kilomètre de long, séparant cet appendice de la coque dont il était issu. Il le piqua et le souleva haut au dessus du tumulte.
- Donnez-moi les commandes complètes ordonna le capitaine.
Son scaphandre s’ouvrit pour libérer son corps alors que naissaient de la base de sa colonne vertébrale jusqu’au sommet de son front, sur trois rangées, des aiguilles de chair, que s’épanouissaient des radicelles nerveuses. Elle s’élevaient vers un plafond qui s’ouvrait pour les accueillir, tendait vers elles ses organes métalliques, pour les embrasser, les entrelacer, les engloutir, et enfin les épouser dans une danse charnelle contre-nature. Ayant ainsi fusionné avec son dispositif de commande le corps du capitaine se mit à palpiter suivant un rythme mécanique d’une puissance épouvantable.
Leurs cris de souffrance devenaient du silence exponentiel
Anecdotiquement, ce spectacle avait la particularité connue de déclencher d’irrésistibles transes érotiques parmi les membres d’équipage qui en étaient témoins. Malgré les procédures à respecter, censées garantir leur immunité, ce moment ne fut pas différents d’autres du même genre et plusieurs viols se déclenchèrent sur la passerelle de commandement. L’appartenance à tel ou tel sexe ne déterminant pas le statut des coupables ou des victimes, ces dernières ne se débattirent généralement que pour la forme.
A l’extérieur, le tentacule fit imploser l’énorme plate-forme, la réduisant selon une poussée gravitationnelle contraire aux lois physiques, à une boule informe qui devint une bille de quelques centimètres puis une tête d’épingle en fusion avant que de finalement inverser sa masse. Elle avait fait de cette destruction même le cœur d’une petite singularité quantique suffisamment puissante au demeurant pour commencer à aspirer voracement la lumière qui l’entourait et le bras même qui la brandissait.Le tentacule balaya alors le ciel de sa nouvelle arme prodigieuse, ramassant au passage les malheureux chasseurs qui sillonnaient l’espace, jusque là, confiants dans leur victoire, jubilant dans leur carnage apostatique. Il les agrégea en une même matière, les fusionna dans une énergie en phase d’inversion, leurs cris de souffrance devenant du silence exponentiel. Le tentacule cependant commençait à se déchirer, sa masse atomique s’effondrant sur elle même, ses molécules entrant dans une inconcevable haine de leur propre nature.
Après une dernière brassée, fauchant au passage ceux des agresseurs qui, dans un sursaut de prudence, avaient omis de s’éloigner suffisamment, le tentacule fort de son élan, s’arracha de la carlingue et se projeta en direction d’une comète derrière laquelle tentaient de s’abriter le gros des troupes de l’ennemi. Avant de l’avoir atteinte, il s’était auto-absorbé, alimentant le noyau d’énergie négative qui rayonna d’une obscurité vorace. Elle aspira dans sa bouche insatiable, des vaisseaux de plus en plus nombreux, de plus en plus gros, condamnant à chaque bouchée un peu plus ceux qui pensaient encore pouvoir s’enfuir. Finalement, la comète brûlant d’un feu déintégrateur, engagée elle aussi dans le processus, se retourna sur elle même comme une bulle de boue incandescente et la sinistre pieuvre toute d’obscurité continua sa course vers les horizons de l’espace où elle perpétuerait ses dégâts jusqu’à peut-être rencontrer une étoile plus massive.
Cet évènement s’était déroulé de la même manière à plusieurs endroits autour de la carcasse malmenée du gigantesque vaisseau. De petites novas partaient dans toutes les directions emportant avec elles le plus fort des agresseurs maintenant en déroute. Seul le MOAD, cet impénétrable nuage cosmique dardait crânement ses volutes rouges comme en manière de provocation.
La menace était écartée pour un moment.
- Lancez les réparations. Combien de temps nous reste-t’il avant l’arrivée des destroyers ?
- On dirait qu’ils ont forcé le pas. Nous n’avons pas une heure devant nous et des renforts convergent par ici depuis la nébuleuse des Princes Blancs. Je ne sais pas si nous pouvons y arriver.
Le capitaine se laissa choir dans son fauteuil épuisé. Les membres d’équipage recouvraient leurs esprits et, dans le même temps, leurs corps.
- Le Haut Cardinal Machine peut-il me recevoir ? Il me reste à lui fournir des explications.
- Je me renseigne. voilà. Il vous accordera un entretien d’ici dix minutes.
- Très bien, je pense savoir quoi lui dire pour le convaincre de me laisser diriger cette tentative. Dans ce cas, mettez-moi en hyper-sommeil d’ici là. Je dois récupérer de l’énergie. Quand pourra-t’on se mettre en route ?
- Nous avons déjà colmaté les brèches et entamé notre trajectoire. Les édifices situés à la surface de la coque sont tous en train de se disloquer sous la pression du nuage. Je n’ai aucune idée de ce qui nous attend à l’intérieur si nous parvenons seulement à entrer. Êtes-vous sûr que nous pourrons tenir le coup ? Nous devrions peut être rester combattre, non ? Il semble finalement que nous ayons quelques arguments dissuasifs, qu’en pensez-vous ?
- Nous n’aurions pas la moindre chance face à eux. ce sont quasiment des dieux et ils ont des armes que vous n’imaginez pas. C’est le cœur d’Iskalangar qui les intéresse. Tout ce qui est autour, c’est à dire nous, sera impitoyablement détruit. Et nous aurions grand intérêt à mourir plutôt que de les laisser s’en emparer. Il n’y a pas matière à discussion colonel. Le MOAD, quelle que soit sa nature, ne peut pas être pire. Maintenant, j’ai besoin de dormir. Rompez !
Il étendit ses jambes devant lui alors qu’un lourd casque d’acier ensevelissait son visage, il reposa ses bras sur les larges accoudoirs alors que sa respiration se faisait plus profonde et allongea ses dêmes, d’un geste déjà inconscient, sur les ammougeoirs confortables. Enfin, il s’endormait.
Salut à tous, Damocloïdes et Coneheads, qui que vous soyez, d’où que vous veniez, et bienvenue ici. Alors le monde entier s’interroge et murmure incrédule :
“Bon sang, sapristi fichtre, non d’un concombre, mais qu’est-ce qui peut bien se passer de si spécial sur ce satané blog ?”
Très bien, très bien, je vois ce que vous voulez, je vais répondre, reprenez vos esprits, par Crom, je m’explique : Je suis en train de mettre en place ce site, disons plutôt site, voyons grand, qui a pour ambition de vous divertir de toutes les manières possibles sur la base d’une histoire centrale.
En deux mots il s’agit d’une saga de science fiction et plus spécifiquement de space opera (C’est à dire en l’occurrence le genre d’histoires avec des vaisseaux spatiaux, des robots et des extra-terrestres globuleux du genre Star-Wars, Star-Trek, Stargate, Starcraft, Starmania, Docteur Who, Galactica, Flash Gordon, Buck Rogers, Perry Rhodan, Alien, Metroid, Halo, Mass Effect, Space Invaders, Albator, Cobra, Valerian, etc.).
C’est un univers narratif que j’affectionne particulièrement pour ses possibilités infinies mais qui a la fâcheuse réputation de s’adresser aux gentils garçons un peu simplets tels que votre serviteur. A moi donc de vous convaincre du contraire ! Mais si c’est bien là ce que vous pensez, alors, que Le Cosmos vous maudisse et que mille golems dévorent votre tapis de bain !
Cette littérature regorge d’écrivains talentueux aux styles très différents et plus ou moins faciles à lire. Je pense à Frank Herbert (Dune), Philip K. Dick (Blade Runner, Total Recall), Iain-M Banks (Le Cycle de La Culture), Isaac Asimov (Fondation), Jack Vance bien sûr, le père du genre et bien d’autres.
Couverture du roman Clicketeers

Couverture du roman dans un style manga à l'époque où son titre était Clicketeers

 
Avant propos

Pour moi comme pour beaucoup d’aficionados, le style Space Opera, ce genre pour employer le mot, est le moyen idéal de se pencher sur les interrogations les plus ambitieuses que nous posent les grands angoissés métaphysiques de ce siècle et des autres, par des mises en situation d’une manière des plus faciles à se figurer. Et cela sans pour autant négliger les aspects plus intimes liés à nos façons de vivre ou de nous adapter à des contextes difficiles, qu’ils soient d’ordre social, technologique, politique, philosophique, religieux voire du domaine des mœurs.
Nous pouvons, par ce prisme, entrevoir notre monde de demain et à travers lui la société dans laquelle nous vivons aujourd’hui et que nous avons tout intérêt à bien comprendre.
(Un exemple trivial : Ça fait déjà 24 ans qu’ils utilisent des Ipads dans Star-Trek!)
Des grandes catastrophes écologiques et nucléaires aux montages politico-financiers les plus épouvantables sans oublier les épidémies occasionnées par une gestion délictueuse des groupes pharmaceutiques ou alimentaires, en passant par tous les bouleversements majeurs qu’a connus notre histoire récente, presque tout avait déjà été anticipé par des auteurs prospectivistes qu’il aurait été bon de mieux analyser. Certes on se dit qu’il aurait été long de séparer le bon grain de l’ivraie mais avec le recul, on se dit que certaines erreurs auraient pu être évitées ou du moins mieux encadrées.
Ce procédé d’exagération met donc en relief la plupart des problématiques essentielles auxquelles nous sommes confrontés en tant qu’hommes ou en tant que femmes mais, par bonheur, il sait aussi chatouiller notre goût de la légèreté.


Gardez-vous des météorites !
Il nous offre ainsi l’opportunité ô-combien précieuse de mettre en scène les aventures les plus échevelées, l’action épique des grands romans de capes et d’épées, les fresques étincelantes de pirates et autres westerns spaghetti, le tout dans une seule et même narration ! Eu égard à cela, se peut-il qu’il existe un terrain plus propice à l’écriture, une zone d’expérimentation aussi ouverte si l’on aime les bonnes histoires ?
Personnellement, aujourd’hui, je pense que non. Et sans prétention ni fausse modestie non-plus, parce que finalement après m’être cherché dans des entreprises soi-disant plus sérieuses en tant qu’auteur, j’en arrive aujourd’hui à reconnaître que rien ne m’intéressera jamais davantage que ce genre de récits tant les seules limites que j’y trouve sont celles de ma propre imagination, je voudrais donc ici-même et nulle part ailleurs vous en faire la démonstration. Voilà mon ambition.
C’est donc prévenus de mes bonnes et mauvaises intentions que vous pourrez parcourir les différents chapitres que je vous propose (dans la rubrique Chapitres que vous trouverez dans le menu tout en haut). Volontairement, je vous les soumets dans un premier temps dans le désordre le plus complet et ce pour deux raisons :
D’abord, il me semble qu’un bon chapitre doit se suffire à lui même, qu’il doit être intéressant pour ce qu’il raconte et non pour ce qu’il promet à la lecture de celui qui le suit (le chapitre, pas le lecteur, attention, vous êtes en train de perdre le fil là !) ; l’avantage pour un internaute de passage étant qu’il est bien plus rapide de lire un seul chapitre que plusieurs dizaines pour se divertir.
La seconde est que je voudrais profiter de l’occasion pour mettre sur pieds une sorte de petit jeu. Il s’agit de remettre les chapitres dans le bon ordre. c’est bien sûr totalement accessoire et il ne sert à rien de le faire si vous n’en avez pas envie mais si vous prenez goût à la lecture de ces pages la somme de l’ensemble devrait vous séduire plus que les parties prises séparément, je pense. Donc pour ajouter un peu de sel à l’exercice, je proposerai bientôt des cadeaux à ceux ou celles qui trouveront la bonne réponse. Et de toute manière au fil du temps, je remettrai une numérotation claire afin que chacun puisse profiter de l’histoire principale dans toute son ampleur.
(En attendant d’avoir quelques fans à terme avec qui parler du bien fondé des technologies de distorsion ou des rites de séduction chez les Poulpes d’Alpha du Centaure!)


Inutile de lire les chapitres dans l’ordre !
Je vais également mettre en ligne un glossaire, des fiches concernant des lieux, personnages ou autres afin de permettre à ceux qui le désirent de prolonger l’expérience ou simplement de retrouver ses marques sans difficulté, ça se fera progressivement car je vous laisse imaginer la masse de travail sur un univers aussi vaste comprenant aussi des éléments liés aux différentes cultures en présence, une chronologie de la grande comme de la petite histoire, etc. etc.
Pour finir, je peaufinerai l’effort en proposant quelques articles de fond sur certains de mes artistes ou œuvres préférés.
En tous cas, je m’y engage devant vous, je ferai tout pour vous rendre la lecture agréable en ajoutant de nombreuses et pimpantes illustrations, évocatrices pour certaines (esquisses, portraits), amusantes pour d’autres ainsi que différents gadgets multimédia tels de la musique à écouter en illustration sonore ou même de petits jeux. Nous verrons. L’occasion fera aussi un peu le larron.
Il me reste à vous souhaiter un excellent séjour parmi nous et à vous encourager à réagir en ajoutant un petit message grâce au dispositif habituel que vous trouverez en bas des articles. Mon souhait le plus cher est on-ne-peut-plus élémentaire, mes chers Damocloïdes : Que vous vous amusiez, trouviez des choses intéressantes ici ou là et surtout, surtout, que vous preniez du plaisir. Alors Bonne lecture et… Gardez-vous des météorites !

Un Instant d’Absence

Chapitre non concerné par le Jeu Concours
 
Qu’est-ce que le style ? :
Est-ce un ensemble évident d’artifices littéraires supposé permettre à son auteur un contrôle absolu sur ce qu’il écrit ? Sur les moyens par lesquels il parvient à exprimer ou à évoquer un thème ou un sujet ? Ou alors, tout au contraire, un ensemble de traits de personnalités, de petits défauts qui donnent à son expression un caractère indomptable y compris et surtout pour lui-même ? Quelque chose que l’on pourrait, en un mot, comparer à l’habitude particulière que sa main a de faire courir sur le papier la pointe d’un stylo ou d’une plume ? Vous l’avez déjà deviné, je penche personnellement plutôt pour la seconde option. Sans prétendre à un talent que je n’ai pas, je voudrais culminer dans celui que j’ai réellement. J’ai ainsi à cœur de ne pas trop forcer le trait en général, je connais mes travers, je ne les connais que trop bien. Je ne tiens pourtant ni à les masquer ni à les forcer, enfin en aucune façon à les contraindre. On pourrait y voir un excès de confiance en soi mais, à mes yeux, il s’agit surtout de se montrer parfaitement honnête. C’est à dire que personnellement, j’exècre la flagornerie intellectuelle, non qu’il manque de place dans les librairies pour les auteurs souffrant d’un défaut d’intelligence ou de personnalité, on leur réserve plutôt les têtes de gondole à ce que j’ai cru constater.
Le lecteur aime (et je suis lecteur) à être manipulé, promené le long de fausses pistes et de paysages trompeurs mais je trouve préférable de le conduire d’une main amicale. D’une manière presque perverse, il est intéressant, pourtant, de se laisser aller à explorer les possibilités d’une mystification décomplexée. Car même si l’on a chacun, ses présupposés, ses goûts et ses limites, ce en quoi la littérature interpelle passe d’abord par le fait de coups frappés directement à l’imagination. Ne s’agit-il pas d’être avant tout intéressant, fut-ce d’une manière artificieuse ?
Chacun y trouvera matière à discussion mais, à la fin, lorsqu’il n’y aura plus que de lointains et délébiles souvenirs des expériences de lectures passées, les impressions resteront, elles, personnelles et intimes.
 

L’ hyper-rêve l’entraîne aussi loin que l’esprit peut aller.

Aussi loin…

Si loin d’ailleurs…

Il tourne et se retourne et se tourne encore. L’écoulement du temps est irrégulier. Les draps sont cassants, exactement désagréables, certainement pas lavés depuis plus d’un mois. Dans l’insupportable tiédeur de l’air ambiant, ricochets sonores sur les angles des murs de la pièce, Nick Cave célébre un certain Henry Lee s’accompagnant au micro d’une P. J. Harvey presque agonisante. Quelqu’un s’est levé avant lui.

Accélération, Décélération.

Sa peau est d’une sensibilité un peu anormale, un peu élastique, un peu craquante, une impression forte de propreté étrangère, comme issue d’un autre temps, de l’enfance d’un autre. L’air tiède le fait frissonner.

Il avance les bras tendus comme dans un film de Romero au dessus d’un brouillard blanc, dans l’appartement blanc.

Tout est naturel. Ne nous formalisons pas. Une guirlande lumineuse le renseigne sur l’emplacement de l’ordinateur. Un truc léger lui a heurté la tête, une breloque qui pendouille du plafond. Doraemon ou Tetsuyan Atom.

Machinalement, il se penche, vérifie l’état d’avancement de ses téléchargements, son courrier gangrené par le spam spam spam. Un geste en entraîne un autre, il valide les achats qu’il a emportés sur plusieurs sites d’enchères et remet directement certains objets en vente mais en exagérant leur prix. Il accumule de l’argent virtuel qui ne lui sert qu’à payer des factures en ligne de plus en plus minces, à éponger des dettes de plus en plus clapotantes. Il a comme une envie douce de pleurer, un truc bizarre venu de nulle part, presque agréable. Pourtant les réseaux communautaires l’informent qu’il a encore gagné de nombreux et fidèles amis cette nuit. A la lecture de ses contributions, Sainte Beuve, goguenard, laisse derrière lui un fleuve de commentaires ironiques, des appels du coude à Anastasie qui se pâme et like à tours de bras.

Son envie de pleurer est une envie de douceur, d’un amour gentil, amour d’enfant, déresponsabilisé,  sans pression, sans engagement surtout, sans raison non plus. Quelque chose attire son œil sur l’écran. Il  se refuse à s’asseoir et à laisser le démon de sa curiosité l’entraîner dans l’enfer si bien identifié du MMO. Il sait qu’il passerait cinq à dix heures connecté fort de l’impression douteuse de faire réellement quelque chose. Il se détourne du moniteur.

Accélération, Décélération.

Par la fenêtre, on peut voir les toits de Paris, figés dans un calme transcendant le temps, un matin d’hiver, certainement un dimanche. Quelque chose de puissamment confortable émane de cet endroit.

Il ne comprend pas pourquoi ses gestes sont si lents. Pourtant il se sent léger.

Un homme toussote dans la chambre, ça n’est ni son père ni son frère. Dans la kitchenette, une fille aux cheveux noirs en bourrasque tente de faire la vaisselle d’une semaine et demie et ça c’est donc depuis qu’elle s’est levée, trois heures plus tôt.

Accélération, Décélération.

Il est avec deux personnes qui, comme lui, cherchent ce moment de tendresse, de confiance, de complétude et qui savent se livrer bien au-delà de la limite habituelle. Ce besoin impérieux de partager des sentiments étouffés depuis qu’il est en âge de se souvenir, cadrés par une famille imperméable à un échange émotionnel. Eux trois, ils appellent ce sentiment l’ornière, plus pour le côé musical du mot que pour ce qu’il veut dire. Et tant mieux si les gens n’y voient que le péjoratif, ils n’auront pas envie de voler, de s’immiscer, de critiquer. Qu’ils restent dehors les gens à se la pêter “regardez moi, battez vous pour moi” avec toute leur virulence, toute leur suffisance de guerriers rompus à la compétition sociale. Sexe et argent, argent et sexe.

Il tourne une page virtuelle.

Quelques tests de jeux vidéo et une ou deux critiques acerbes portant sur la nouvelle série de la Gainax, Gurren Lagann, sont apparus dans la nuit sur le forum. La fille fredonne sur la musique du rocker australien. Ces amis sont sa famille d’un jour, d’une semaine, d’un mois ou d’un an. N’espérons pas plus. La sincérité ne survit déjà pas autant. Elle meurt avec l’assouvissement. C’est la nature des choses.

Il rajuste sa robe de chambre décousue sous la manche. Il s’emmitoufle. C’est plus un geste de repli sur soi ou sensuel qu’un accès de frilosité. Il fait plutôt chaud ici. La chaleur et la pénombre ont élu domicile dans ce petit appartement hermétique depuis très longtemps maintenant.

Un rai de lumière passe à travers les persiennes et s’arrête sur une lithographie signée Obey Giant.

Il aperçoit son téléphone portable qu’il a laissé sur une étagère sans y brancher le cordon d’alimentation pour le recharger hier au soir. Qu’elle reste dehors la communication moderne. Les seules personnes qui aient réellement besoin d’un téléphone portable par définition sont les S.D.F. mais pas d’adresse, pas de facture donc pas de ligne. Une pensée juste comme ça, en passant.

Il veut se rendre dans la salle de bains, vérifier qu’aucune barbe n’a poussé sur son visage, que ses cheveux sont toujours parfaitement noirs. Vanitas vanitatum et omnia vanitas. All your base are belong to us.

Son pied heurte quelque chose. Il lui faut plusieurs minutes pour distinguer ce dont il s’agit.

Accélération, Décélération.

Une cannette vide qui s’est mise à rouler à un rythme dénaturé vers les chaussures et les disques vinyle. Elle contourne habilement une grosse boite de préservatifs mais se voit stoppée par une bottine à semelle surcompensée. A paillettes ; rose.

Il regarde la fille mais elle n’a pas entendu et donc ne sait pas qu’il est réveillé. Donc pas de discussion à l’horizon sur Kundera, Huysmans, Debord, Breton, Marx, Hemingway. Il n’est pas encore prêt pour ça. Il pourra laisser dormir dans leurs étagères poussiéreuses les trop sérieux, Flaubert, Hugo ou Dostoïevski, Il n’aura pas à recourir aux noms de Vian, de Wilde ou de Prévert pour se défendre. Eux qui furent à la plume ce qu’est celle-ci aux danseuses nues, main secourable, dérision élégante, cynisme émerveillé.

Il se laisse tomber sur le canapé encombré d’une couverture et de divers vêtements. Il ne l’atteindra jamais. Tout ce tissu l’en empêche. Mais la guitare électrique appuyée contre le mur l’a remarqué, elle, et ses cinq cordes vibrent avec affection.

Il a attrapé la télécommande du câble et s’apprête à zapper. Il sent une forme céder sous son poids. S’est-il assis sur quelqu’un d’endormi ? Non, ce semble être cartonné. Le costume. Le bustier, une épaulette ou peut être l’épée. Non pas l’épée, le polystyrène fait un bruit caractéristique en craquant, là il n’y a rien eu de tel. Il entend distinctement l’eau s’écouler dans l’évier. La table basse est couverte de paquets de Curly vides ou de Chamonix desséchés. Un pot de Nutella, une théïère en fer blanc et des tasses pas vidées, un burrito de la veille dans une assiette, déjà rance. Il l’entrouvre du bout des doigts. La salade est oxydée. De la sauce goutte sur un dvd arborant une photo de Leslie Cheung qui sourit, tout au bonheur de se mettre quelque chose sous la dent et sur l’orbite, unifiant sa tempe droite et sa jolie pommette. Une figurine d’écolière à cheveux verts, aux pieds démontés, aux bras tendus, se balance sur le dos, à toute vitesse.

Accélération, Décélération.

Un chat, je dirais en peluche, un lolcat aux longs membres agiles s’extirpe des empilements textiles et rebondit sous le canapé.

Sa vue se brouille inexplicablement. Il ne parvient pas à lire le nom de la journaliste qui bouge les lèvres en silence sur l’écran.

Il se met à l’imiter. Il bouge ses lèvres exactement comme elle. Elle fait Ba ba ba, il fait Ba ba ba à son tour. Elle gigote la tête tout en haut de son cou. Il reproduit ce geste, le même exactement. Il ne peut plus s’arrêter dorénavant. Elle fait la moue, il fait la moue. D’ailleurs, il ne peut plus voir les autres morceaux de son visage. Seulement sa bouche qui remue et télécommande la sienne. Il voit le chantier d’où elle émet. Il voit sa bouche.

Et elle remue.

Il n’exerce plus aucun contrôle sur ce corps, il résiste, s’agite, essaie de changer de chaîne.

En vain.

Ekkaley donne quelques coups de talon dans le vide et ouvre les yeux.

Retour brutal à la réalité.

Jeu concours

Petit bonhomme 2

Kump

Salut à tous, Coneheads et autres Damocloïdes !

Pour bien débuter ce blog et récompenser un peu ceux qui se donnent la peine de lire les tartines que j’écris, j’ai décidé de vous proposer un petit jeu avec du Champagne à gagner, c’est toujours bon à prendre, non ?
Et il a l’avantage d’être très simple.  J’explique : Sur ce site, vous sont présentés six chapitres d’une même histoire sans que l’ordre réel suivant lequel ils s’enchaînent ne soit spécifié. je vous ai soumis ces articles sans lien entre eux ni ordre chronologique pour que vous n’ayez pas à subir une longue mise en place, certes judicieuse dans un long roman mais assez peu pertinente si vous aviez juste eu en tête de jouer les curieux/curieuses au hasard d’une web-promenade.
Alors le jeu, comme je vous le disais, il est simplissime : Si vous faites partie de ceux qui ont lu l’ensemble des six chapitres présentés ici, vous avez déjà pu vous faire une idée de l’ordre dans lequel s’enchaîneraient ces différents morceaux d’un même puzzle. Votre mission, si vous l’acceptez, est de retrouver cet ordre originel (et tant que faire se peut, naturel).
Il vous suffira donc de me transmettre votre proposition par le biais du formulaire ci-dessous.

Sélectionnez donc dans chaque liste déroulante le chapitre qui vous semble correspondre.
Attention : Pour chaque e-mail, une seule réponse sera acceptée.

J’ai quelques cadeaux à vous faire gagner : 3 bouteilles de champagne, 10 livres (le roman sous sa forme de livre quoi) et des planches d’auto-collants à l’effigie des personnages de l’histoire. C’est encore peu mais n’oubliez pas que nous ne sommes qu’au début de la vie de ce blog, J’essaierai de rajouter quelques cadeaux si je vois que le nombre de participants est important et que je peux financer, je vous tiendrai au courant. Les gagnants seront tirés au sort parmi les personnes ayant proposé la bonne réponse. Le jeu est limité aux habitants de France métropolitaine (sorry) et majeurs, il prend effet en mai 2012 et les résultats seront rendus public le 1er septembre.

J’espère que vous serez nombreux à participer et je vous dis donc bonne chance à tous !
 

champagne

photo non contractuelle

L’Edito en Vidéo

Ekkaley Wemkolas

Ekkaley, Ekka pour les intimes, est un jeune homme particulièrement difficile à cerner tant les pistes le concernant sont nombreuses. Certains attestent que c’est un sportif écervelé, d’autres un étudiant en anthropologie, d’autres un activiste impliqué dans des opérations paramilitaires. Ekka est issu d’un couple de Salisplendy De Beel-Mugeod venu s’installer sur Ningeed. Mais pas dans les paliers, ce qui est le cas de l’immense majorité des immigrants. son père, Wydrim wemkolas était un idéaliste aux idées originales qui souhaitait se rapprocher de ce qu’il disait être les racines de l’humanité à savoir les Sahïd Layebs, des populations vivant dans la Nasse (et de ce fait dans l’indigence, ce qui sur Ningeed plus que n’importe où ailleurs est remarquable). Néanmoins la mère d’Ekka trouva la mort dans des circonstances dramatiques et à cette funeste occasion, obtint de Wydrim qu’il laisse son fils aux bons soins d’une mentanurse chimiargue. Ekka devint donc un salisplendy mais certains soutiennent qu’il ne rompit pas pour autant les liens qui l’unissaient aux Shaïd Layebs bien qu’il paraisse peu probable de l’imaginer poursuivant des rapports avec son père. Ce dernier était fréquemment considéré comme fou d’après les témoins de l’époque et il devient assez difficile de retrouver des signes de son existence nomade au sein d’une population qui elle, est connue pour être sédentaire (ce qui, encore une fois sur Ningeed est singulier).
Ekka apparait à l’occasion de différentes manifestations sportives puis disparait de la même manière. A la suite d’une enquête menée par Sadeq Sinawl alors dans les forces de l’ordre de Ningeed, Ekka est recherché pour différents crimes parmi lesquels des meurtres, troubles de l’ordre public, cambriolages et d’autres délits de moindre importance.
Toujours d’après enquête, c’est motivé par l’amour d’une femme au passé trouble, Jiuphar Tammis, qu’agirait le jeune homme sans cependant s’embarrasser de principes. en dehors des crimes qui lui sont officiellement reprochés, toute une panoplie de criminel de grande ampleur est aujourd’hui rattachée à son nom par la rumeur publique. Les milieux autorisés ne démentent pas.
A ce jour, les évènements les plus récents dans la périphérie de Minocentron laissent à penser qu’il s’y trouve et qu’il jouit d’une protection de la part du crime organisé. Il apparait aussi que des évènement d’ampleur se préparent, des évènement dont il serait à l’origine. Les autorités locales (à savoir le cacique Koufi) disent avoir paré à toute éventualité et procéder à toute action nécessaire afin de maintenir l’ordre.

Ezechiel

Ezechiel

Calderl est un personnage ayant eu deux vies très distinctes. Dans la première, il fut un jeune homme prometteur mais d’aucund disent sans scrupule. Il s’intéressa très tôt à la politique et intégra rapidement le parti ultra-conservateur des Consommeillistes Smohalliens dont il fut d’abord porte parole avant d’en devenir la figure de proue. On ne peut cependant pas parler de “leader charismatique” car ses activités restèrent bornées à la représentation publique y compris dans le cadre de différentes élections sans être impliquées dans l’idéologie du parti même. Il semble donc à différents observateurs politiques que Calderl était bien plus intéressé par le pouvoir lui même et ses bénéfices directs que par les idées qu’il prétendait défendre.
Cependant, Calderl fut directement impliqué dans les évènement de la Place Aessaken en avril 43 à l’âge de 32 ans et ce fut pour lui l’occasion d’un virage plus que radical. Les différents actes de guerre (ou de terrorisme selon les points de vue) qui eurent lieu ce jour là engagèrent l’utilisation d’une arme psychotrope de masse connue sous le nom de Motham ou le sobriquet de “vent de l’oubli”. L’amnésie qui en résulte pour ceux qui en sont victimes est généralement de courte durée bien que les effets particuliers restent difficiles à estimer par les spécialistes. Calderl cependant affirmera par la suite ne plus être capable de se remémorer son passé et maintiendra ce propos sans jamais en démordre même confronté à des enregistrements directs. Son parcours de vie s’éloignera dès lors définitivement de la politique, il se fera aventurier et restera généralement dans la suite du Sadhu Talmjiin non comme un fidèle mais plutôt dans le cadre d’une relation compliquée autant amicale que dissidente. Le parcours du Sadhu talmjiin ayant été plusieurs fois depuis lors en désaccord avec l’Église Udaane, il n’en faudra pas d’avantage à certains journalistes pour affirmer que Serrebranche est à l’origine de cette dissidence. Par la suite le jeune homme disparut totalement de la sphère publique et échappa à toutes recherches. Beaucoup pensent qu’il trouva la mort dans des circonstances mystérieuses.

Sadeq Sinawln

Sadeq Sinawln

Sadeq Sinawln

S’il est un homme pour personnifier la notion d’intelligence dans l’univers des Lunes de Minocentron, c’est bien Sadeq Sinawln. Ses proches vont même jusqu’à dire qu’il est impossible de lui mentir sans qu’il s’en aperçoive. C’est donc majoritairement autour des professions d’inspecteur, de détective et généralement d’enquêteur que se sera articulé son parcours professionnel.
Suivant ces dispositions intellectuelles qui furent apparentes dès sa prime jeunesse, Sadeq fut immédiatement intégré aux forces gouvernementales dès qu’il eut l’âge légal. Sa carrière lui fit tout d’abord poursuivre un service civil dans l’armée durant près de dix ans. Il ne s’en maria pas moins et fonda une famille. Mais le conflit interplanétaire autour de la relique sacrée d’Iskalangar n’était pas encore circonscrit au périmètre qui en porte aujourd’hui le nom et il est de notoriété publique que la famille toute entière du capitaine en fut victime. Bien que ce ne soit que oui-dire, il parait raisonnable d’accorder crédit aux rumeurs racontant que Sadeq lui même fut conduit à abréger leurs souffrances de ses propres mains. Cependant si certaines versions impliquent un contexte de menace ennemie directe et d’autres une simple obéissance militaire toutes s’accordent sur le principe d’une épouvantable contrainte à laquelle celui que d’aucuns considèreront maintenant comme un héros n’aura pas eu la possibilité de se soustraire. Rapatrié à la suite de cet évènement car profondément ébranlé psychologiquement, il poursuivra son service au sein de différentes forces de maintien de l’ordre civil dans la zone de Minocentron ainsi que sur Ningeed avant de quitter définitivement des organisations vis à vis desquelles il se trouve de plus en plus souvent en désaccord. Il poursuivra sa carrière en montant un cabinet d’enquêtes privé dans lequel il engagera plusieurs collaborateurs parmi lesquels son jeune protégé, Vincent.
Le peu de choses que l’on connaisse sur le personnage nous éclaire cependant sur un point : Pour lui, il n’y a pas de système, il n’y a que des individus. Quel que soit le problème, il se fait toujours fort d’en identifier les responsables et généralement de les faire tomber d’une manière ou d’une autre. De même son professionnalisme ne se laisse jamais atténuer par des considérations personnelles ou éthiques ; lorsqu’il s’est engagé dans une procédure quelle qu’elle soit, il ira jusqu’au bout et peu lui importent les conséquences. Il est connu pour ne jamais perdre son sérieux, certains le disent même sinistre alléguant qu’il se considère lui même comme mort depuis le drame ayant touché sa famille. La seule personne à laquelle il se soit attaché depuis étant un jeune homme à qui il parait techniquement impossible de faire le moindre mal, Sadeq parait se tenir hors de toute influence imaginable, raison pour laquelle il est redouté de ses ennemis.
Pour le reste, la personnalité de l’homme reste pour beaucoup un mystère, sa probité ou la fidélité qu’il manifeste envers les instituions qu’il défend ne faisant pas plus de doute pour ceux qui l’ont rencontré que son intelligence pénétrante. Pourtant si l’on veut poursuivre jusqu’au bout la rumeur, les informations exactes et vérifiées étant extrêmement difficiles à obtenir tant de la part de l’intéressé ou de ses proches que de ses employeurs tous adeptes du secret, le principal objectif de la seconde partie de sa vie était de mettre à jour les vicissitudes des corps d’État pour lesquels il avait directement travaillé. Néanmoins, peu orgueilleux, il est malaisé de savoir s’il y parvint ou non car il est tout a fait envisageable que ses méthodes portent leurs fruits sans qu’aucune reconnaissance tant positive que négative lui soit retournée. En d’autres termes, un homme de son intelligence s’étant considéré comme manipulé n’aurait pas été réticent à manipuler en retour ceux qu’il considérait comme responsables et à les condamner à l’expiation qu’ils lui paraissent mériter sans, lui même, sortir de l’ombre.

Protégé : Le Vrai Visage

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Essence de parfum

Le chapitre présenté ici est l’un de ceux concernés par le Jeu-concours
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Chimiargue

Chimiargue

 

Chapitre 10: Fragrance Essence

Résumé des épisodes
Ekkaley est intervenu pour sauver une jolie femme d’une bande de maraudeurs désireux de lui faire payer le viol de leur territoire. Alors qu’elle fuit le lieu des combats le laissant seul et sans véhicule il est sauvé par l’intervention inopinée d’une brigade de surveillance. Bien que suspect il est autorisé à repartir. Il retrouve alors la jeune femme qui s’excuse d’avoir pris la fuite et de l’avoir ainsi abandonné. Elle lui présente un certain Deilsen, un idéaliste contraint de vivre caché pour échapper aux recherches de tous les malfrats qu’il a doublés.
Nalhcott, plus que toute autre, est cosmopolite et multiculturelle. Seule la très lointaine Minocentron, à l’autre extrémité de l’univers peut espérer rivaliser. On pouvait voir se croiser, rien qu’ici, presque toutes les ethnies et groupes sociaux possibles et imaginables, toutes les créatures intelligentes que compte l’Accomplissement et que les humains, par opposition à leur espèce, nomment les Ari-Huen, une bonne moitié d’anthropomorphes et le reste pouvant adopter n’importe quels types de morphologies.

(…)
Instantané.
Toutes ces populations vaquaient, cannes, ombrelles ou rameaux fleuris générés par leurs tsukemis se balançant à leurs mains, lunettes teintées sur le visage et colifichets fluo aux poignets, coiffés de valpamauds hauts de formes et de perruques pour préserver leurs précieuses têtes des bulles de savon qui batifolaient. Certains s’adonnaient au bon mot, duellistes souriants sous le soleil radiant, certaines jouaient les mauvaises langues et se livraient aux joies de la médisance sous les brumes-teinture piquetées de fleurettes symbolistes. Tous parlaient de culture et de loisirs sous le ciel bleu profond que fréquentaient des volatiles exotiques. Ceux-ci voltigeaient follement, évitant les sphères goctlas en suspension, batifolant entre les bâtiments composites, simples voiles d’amarrage aux bords dentelés de roche ou de métal sur lesquels se fixaient d’innombrables demoiselles de pierre grappées à l’arrêt, leurs longs pétales transparents et leurs tenues oriflammes flottant dans la brise, organisées en blocs soudés ou séparées les unes des autres par une végétation apprivoisée supportant des guirlandes de perles lunaires et de petites éoliennes résolument omniprésentes. Des responsables versés dans l’urbanisme ayant hérité du titre de Maestri exerçaient sur l’ensemble, passants compris, une illusion optique censée assurer une cohérence esthétique agréable au regard et distinctive du quartier afin de favoriser la navigation du chaland à l’intérieur de la ville. Tout ici donnait l’impression d’être végétal et ancien.
La terrasse était en train de monter dans un glissement presque imperceptible. A l’est se tenait la statue dorée d’une divinité panthéïste couverte de bijoux et de breloques en état de méditation tandis qu’à l’ouest, tout près d’une large et calme rivière, les thuriféraires de Nandibelün le prophète exerçaient un prosélytisme éprouvé : Des Sadhus montés sur des échasses faisaient claquer leurs robes et leurs longs cheveux dans les zéphyrs pour impressioner les âmes influençables et les prévaricateurs mais ruinaient leurs effets en se chamaillant tels des ivrognes.
Une sorte de boite à musique Tac Ghemarus complêtée de membres en tubulure rivetée qui lui donnaient une forme anthropomorphe mais une mobilité toute relative tentait d’esquisser quelques pas de danse sur ses propres mélodies.
Instantané encore.

Des calèches étaient arrêtées le long d’un jardin. Les quadrupèdes chemargides qui leur servaient de locomotive piaffaient d’impatience à l’attente de leur promenade. Parfois enfin, ils emmenaient des amoureux faire le tour de la ville.
Un cornaghien gros comme un pâté de maisons jouait discrètement d’un violon si énorme que quelques amis à lui se tenaient debout dessus pour mieux en ressentir la musique, d’énormes pachydermes aussi longs que lourds promenaient sur leurs charpentes blanches de véritables nacelles-bijoux, des kilomètres d’étoffes luxueuses, de longues rivières d’or et de pierres précieuses qui leur dégoulinaient sur les yeux et sur la trompe quand ils en avaient. Qui que soient les occupants de ces nacelles, les cornacs très peu vêtus suivant la tradition ancestrale restaient, eux, sensiblement les mêmes.
Un humanoïde de petite taille au faciès noyé dans une barbe noire à grosses boucles et coiffé d’un casque en cuivre surmonté de hautes cornes paradait sur un énorme tigre zèbré de bleu, une petite dame très distinguée le suivait tranquillement, son frêle visage à l’ombre d’une délicate coiffe à volant..
Quelques maréchaux volaient tranquillement sur des vélociptères au dessus de la foule et une toute petite dizaine de libellules policières indécelables dans cette concentration furetaient discrètement pour tenter de surveiller l’ordre public.
Un dernier cliché et c’est promis, j’arrète.
Jiuphar lui indiqua un belvédère sous un arbre bleu où se trouvait une table libre légèrement en hauteur démarquée par quelques voilages mauves.
- Asseyons nous.
- Pourquoi pas.
- J’ai vu tous vos livres à l’intérieur de la mentanurse. Vous êtes une sorte de collectionneur ?
- Plus ou moins, je réunis tout ça pour mon travail. Chaque groupe représente une époque. C’est censé m’aider à mettre en valeur des théories.
- Des théories ? Quel genre de théories ?
- Je suis mémorialiste à mes heures perdues. Aspirant ethno-anthropologue avec un peu de philologie en option. Mais je rame un peu… Ekka fit un sourire gêné.
- Alors je crois que j’ai trouvé le moyen idéal de me faire pardonner pour mon inqualifiable lâcheté de ce matin. C’est un petit cadeau.
Elle sortit de son sein un petit livre et le tendit à Ekkaley.
- Où avez-vous trouvé ça ? C’est un livre d’heures du Grand Intricateur Shon Gotto. Une édition brochée réalisée un an à peine après sa mort et avant même l’instauration de la Synarchie !
- Personnellement je ne comprends pas qu’on puisse admirer un homme qui nous à plongé plus de deux siècles dans un obscurantisme total. Ca m’échappe. Mais si ça peut vous faire plaisir.
- Quelqu’un qui a osé dire “Ma culture est au terme de la culture” ne peut pas être totalement illettré.
- Non mais c’était un connard mégalo et sociopathe
- Les plus grands artistes sont souvent des déséquilibrés antipathiques
- Et c’est certainement pour cette raison, je suppose, que l’on en fait les plus grands parmi les grands artistes
- Intéressant. Saviez-vous que ce genre de littérature est appelé “post-pédagogique” ?
- Non ça consiste en quoi ?
- C’est de la propagande propre à cette époque-là. C’est censé vanter la nécessité de désapprendre mais sans jamais évoquer le sujet, même par allusions.
- C’est une vanité intellectuelle absolue.
- Oui je suis d’accord, Le style est à la fois vulgaire et ampoulé, les thématiques sont aussi bancales que les situations sont peu crédibles et les conclusions sont d’un radical
- Je commence à voir pourquoi vous adorez
- Chaque page est un émerveillement
- Je vous laisse l’étudier quelques instants d’accord ?
- Cet ouvrage est une reproduction faite pour ses proches et limitée à moins de mille exemplaires. Mais par quel miracle a t’il atterri… ? Et la préface est de la Veuve elle-même, c’est inestimable.
- Jurez-moi de ne pas disparaître avant que je revienne. Juste le temps d’un soupir.
- Disparaître ? Comment le pourrais-je ?
Rassurée, elle se leva d’abord avec précaution puis s’effaça dans la foule en trottinant.

Une fine poterie tuske avait été enchâssée dans la couverture du majuscule ouvrage, une sorte d’encensoir. De son vivant le conquérant dont l’univers entier craignait encore la brutalité avait été un fin connaisseur de ces civilisations antiques.
S’adossant à son fauteuil bergère en fer pommelé, Ekka s’assura qu’elle était intacte et la tourna légèrement pour en apprécier la ciselure.
Qu’un objet si simple en apparence puisse contenir autant d’éléments sur la civilisation qui l’avait engendré sans penser un instant qu’il en serait l’ambassadeur quelques millénaires plus tard restait quelque chose d’inlassablement fascinant.
Ekka était suffoqué par la beauté véritable de cet objet, ému aux larmes.
La forme était assez pure, d’une imperfection qui évoquait la vie des gens qui l’avaient réalisée. Il s’en dégageait presque de la chaleur humaine, le parfum d’une autre époque, comme si à la place d’un moment il s’était agi d’un lieu, lointain mais où les hommes sont, bien vivants, au milieu de leur famille à discuter vivement du repas du soir au crépuscule d’une journée de travail épuisante mais douce, de la journée qui a vu naître cet objet, certainement parmi cinquante autres, tous pareils à lui, posés sur une table.
Rien qui ne soit vraiment cher et pourtant le cadeau princier du passé au présent. Un passé aujourd’hui interdit au tourisme.

Tones On Tail – The Rain

J.U. réapparut bientôt, portée par la sphère goctlas sur laquelle était posée sa main droite et qui lui plaquait d’immobiles ailes de lumière dans le dos, Elle était métamorphosée et visiblement joyeuse. Elle se posa en douceur, les ailes disparurent, la sphère goctlas repartit d’où elle venait.

Elle s’était inventé un tout petit haut de coton blanc sans manche à col cassé laissant apparaître le nombril, relié par de fines bretelles foncées à un pantalon anthracite, léger, plutôt transparent et très évasé. Elle était parée d’un nombre de plus en plus impressionnant de fins accessoires de cuir délavé avec une délicatesse maniaque, depuis d’énormes chaussures bistres à lamelles jusqu’à d’élégants bracelets, badges, colliers dans lesquels se cachait certainement son tsukemi. Elle avait réuni ses cheveux en deux couettes hautes et fournies, dressées et piquantes comme des palmiers nains colorés en rose et en gris-bleu.
Ekka, médusé la regarda reprendre place à ses côtés comme si elle ne l’avait pas fait dix minutes plus tôt.
- Me revoilà, s’écria t’elle gentiment, vous m’avez attendu bien sagement je vois !
- Le contraire vous aurait étonné ?
- Oui. Elle eut un gloussement qui trahissait un manque d’assurance qu’elle voulait déguiser. Mais je vous en remercie.
En disant cela elle avait planté un regard inpudique dans les yeux d’Ekka. Elle semblait s’amuser follement et voulait, de toute évidence, partager sa joie.
- Je vous plais ?
- Votre tsukemi a réellement des possibilités étourdissantes.
- Il est trafiqué bien sûr mais il ne faut pas le dire.
- Oui. Je m’en doutais un peu Je n’avais jamais vu une arme à feu se matérialiser comme ça devant moi jusqu’à aujourd’hui.
- C’est un détail insignifiant ; votre courage est bien plus remarquable.je trouve.
- N’importe quel Salisplendy aurait pu en faire autant. C’est pratiquement un conditionnement.
Elle mima une intense réflexion.
- Ainsi vous êtes le rejeton d’une authentique nation de héros. Cependant, j’aimerais, si vous y consentez, récupérer ma boîte à bijou, ingénu petit voleur.
Elle baissa le regard et battit des cils comme sous le coup d’une émotion. Elle se montrait capable d’inventer un nouveau sourire pour chacune des phrases qui lui venaient aux lèvres. Celui-là était totalement désarmant de candeur.
- Votre boîte ? Mais je ne l’ai pas !
- Si si vérifiez dans votre poche.
Sans comprendre il s’éxécuta et ramena l’objet qui n’aurait pas dû être là. Il le posa sur la table alors que la méfiance asseyait sur lui son règne sans partage. SoQee était-il à son tour tombé sous le charme de la demoiselle ou le tsukemi trafiqué pouvait-il faire ça tout seul ?
J.U. récupéra distraitement la boîte en contenant une certaine jubilation et la laissa tomber au fond d’un petit sac tressé qu’elle portait en bandoulière.
Une marionnette se présenta pour prendre leur commande, Jiuphar opta pour une coupe de glace aux fruits, lui pour un Lutka frappé puisque c’était toujours du café.
- Je suis passée rue Belidsess. J’ai pu voir quatre ou cinq expositions d’art plastique qui paraissent innovantes et qui n’attendent que nous mais je n’ai pas été emballée plus que ça à bien y réfléchir. Je trouve que rien ne se passe plus depuis trois ou quatre ans en matière de peinture ou même de mode hormis peut-être Alluard, ce créateur dont le monogramme rappelle une Iskalanghienne.
- Oui, la fleur à jamais hors d’atteinte, je vois de qui vous parlez.
- Mais vous, vous avez l’air d’avoir des goûts très arrêtés.
- Ne vous fiez pas à ce que vous voyez, j’ai des petits problèmes avec mon tsukemi. Sinon je suis assez d’accord avec vous. Nous traversons une crise de créativité à mon sens mais rétrospectivement, cette période paraîtra peut être intéressante.
- C’est l’ethno-anthropologue qui parle ?
- Peut être. Ou plutôt mes illusions perdues.
Il marqua un temps, elle le regardait une lueur d’amusement dans les yeux.
Le pauvre Suüd Shymes sur son tricycle était éreinté. Il bouclait enfin son cinquième mètre.
- Puis-je vous poser une question ? Rien de personnel, rassurez-vous.
- Vous n’avez mon autorisation que s’il s’agit d’une question personnelle. Je vous écoute.
- Très bien, reprit Ekka. Je me lance : Selon vous, serait-il possible qu’un énorme événement, je veux dire d’envergure mondiale, datant de l’antiquité ait pu nous être dissimulé par une histoire officielle qui s’avèrerait… disons falsifiée ?
- C’est une question sérieuse ? demanda t’elle un portant la longue cuiller à sa bouche.
- Oui, disons une question naïve, comme ça, à l’emporte pièce, répondez ce qui vous passe par la tête.
- Alors : Non.
Elle avait répondu sans réfléchir en enfonçant la cuiller dans sa glace.
- Non ? Comme ça ? Vous êtes sûre ?
- C’est invraisemblable, je suppose que des traces auraient été retrouvées depuis tout ce temps. Un petit bout d’os éclaté par ci, une pointe de lance par là, on n’échappe pas, comme ça à la sagacité de plusieurs générations d’archéologues ou d’ethno-anthropologues ; sérieusement ils n’auraient pas pu passer à côté de tout ça. Ca me paraît improbable. Et même d’un point de vue épistémologique ou sémiotique, certaines avancées ou bien des traumatismes culturels auraient été dépistés. Enfin, c’est mon avis.
- Je… je dois confesser que je ne m’attendais pas à une réponse si pertinente ni si bien étayée. Ni mon directeur de thèse ni même les Ultras ne m’ont objecté ce que vous venez de dire !
- Pourtant ça tombe sous le sens. Et je ne suis pas de la partie même si j’ai connu quelques étudiants dans votre genre. Ici sur Ningeed, les gens sont tous étudiants ou soigneurs pour animaux ou artistes bien-sûr. C’est une théorie sérieuse ? Vous êtes vraiment l’auteur de cette spéculation fumeuse ?
- Disons que j’avais bien envisagé cet aspect des choses mais vu que je semblais être le seul, je me disais qu’il valait mieux ne pas y penser.
- Et moi je vous aurais cru plus scrupuleux.
Elle semblait profondément amusée, peut être même un peu séduite par son originalité. Ses défauts, plus que ses qualités pouvaient peut être aider à la conquérir.
- Non non, j’ai même fait quelques bêtises lorsque j’étais un peu plus jeune.
- Je vous crois. Ce que vous avez fait ce matin, peu de gens l’auraient fait, j’en suis sûre.
- Vous mésestimez le comportement humain.
- Pardi.
Elle finissait maintenant sa coupe à l’aide d’une paille qu’elle fixait, les paupières mi-closes. Une bande de petits chevreaux tachetés d’hexagones parfaits se disputaient une balle rouge à deux tables d’eux.
- A propos, ajouta t’il en souriant de son air le plus charmant et le plus imbécile, ne m’aviez vous pas promis quelques… éclaircissements ?
- Concernant ma situation de ce matin ? Elle fronça les sourcils. D’abord laissez-moi vous poser une question et puis je vous dirai.
- Une question ? Hè bien je ne…
- Je vous dirai tout après.
- Vous êtes bien sûre ?
- Je promets.
- Alors d’accord. Je vous écoute.
- Quel était votre rêve quand vous étiez enfant. Je veux dire, que rêviez-vous d’accomplir ?
Ekka chercha dans ses souvenirs les différentes réponses possibles. Pourtant, aussi lointaine fut-elle, il n’existait qu’une seule réponse.
- Ce n’est pas très sérieux, je vous préviens.
- Au contraire, il n’y a rien de plus sérieux qu’un rêve d’enfant.
- Je voulais construire des routes.
- Pourquoi ?
- On m’avait parlé de l’époque à laquelle l’homme construisait tout son environnement pour se faciliter la vie et cette idée m’avait parue séduisante j’imagine. Je… je vivais parmi les Shaïd Layebs comme vous l’avez entendu.
- Et ce sont des sédentaires démunis ?
- Des communautés isolées dans un monde de nomades riches.
- Construire des routes. Ce serait hautement illégal, non ?
- Bien sûr mais bon. Je voulais relier ces communautés entre elles à l’époque. On ne se déplace pas facilement dans les Paliers même si l’on en est originaire. Aujourd’hui j’ai préféré oublier une telle idée.
- “Construire c’est Détruire” n’est-ce pas ? Une idée d’anarchiste.
- A part quelques pirates qui se foutent de la nature, personne ne construit plus rien et c’est mieux pour tout le monde. Quant on voit que tout le monde veut conserver la Nasse en état de ruine par souci historique.
- Je trouve ça assez romantique.
- Et maintenant c’est à votre tour. Quel mystère explique votre aventure de ce matin ?
- Je crains qu’il ne s’agisse de rien de bien original. Je devais livrer un paquet pas très officiel à l’une de mes amies.
- Un paquet pas très officiel ?
- Rien d’officiellement illégal si vous voyez ce que je veux dire. C’est le genre de choses que je ne fais jamais d’où mon manque d’expérience en la matière.
Ekkaley se cala dans le fond de son siège pour mieux écouter, son Lutka à la main.
- J’ai donc abandonné ma mentanurse pour me rendre à Nalhcott le plus rapidement possible.
- C’est à dire en Hagster ?
- Oui. Si j’avais emprunté un diadème ou un voile telba, j’aurais dû subir les contrôles et quand on choisit d’éviter les voies aériennes, l’alternative la plus sûre est de passer sous la surface.
- Sûre si on veut !
- Je n’avais pas pensé aux rançonneurs.
- Les trafiquants qui se déplacent sur le territoire des Trancheurs doivent nécessairement leur payer un tribut. Ou au moins leur en demander l’autorisation, j’imagine. Mais vous n’y avez pas pensé ou vous n’avez pas voulu le faire.
- C’est idiot mais je croyais pouvoir les semer. Notre machine était rapide et le pilote était un tac-ghemarü.
- De bons réflexes ne permettent pas d’éviter tous les pièges.
- Précisément ! On roulait à toute vitesse. On s’était rendu compte que ça allait être plus difficile que prévu et puis, d’un coup, au coin d’un grand boulevard, un énorme tronc de béton nous a barré la route. Le temps de freiner, un autre nous tombait dessus. Mon pilote a tenté de reculer, on s’était embourbé, il a sauvé ma vie mais pas la sienne.
- Il est détruit ?
Le soleil se cacha derrière un nuage de nano-tacs. D’un étui argenté, elle sortit une longue cigarette qu’elle porta élégamment à ses lèvres. Ekka ne pouvait faire autrement que de lui tendre du feu. SoQee matérialisa un briquet dans sa main. Elle se pencha un peu en avant, l’une de ses mèches se libéra pour lui tomber sur l’œil dans un mouvement souple qu’on aurait pu croire étudié.
- Complètement démantibulé ainsi que tout l’avant du Hagster. Je crois quand même qu’il a tenté de s’éloigner du lieu de l’accident mais ses jambes étaient brisées. Il se sera désactivé pour m’attendre, je pense. J’ai vu un réparateur tout à l’heure. Il va aller dans la Nasse les chercher tous les deux et les envoyer à un spécialiste qui remettra l’ensemble en état.
- Vous n’avez pas peur que le Hagster soit marqué ?
- Je vais le rendre de toute façon. Mais le colis est arrivé à bon port à l’heure qu’il est. Finalement et grâce à vous, tout s’est passé comme je l’espérais.
De tout-petits hérons se posèrent sur leur table pour y faire une démonstration de sautillement. Jiuphar sembla fort apprécier ce petit divertissement mais elle finit par les chasser de la main.
- C’était quoi ce colis ?
- Vous n’avez pas deviné ?
En disant cela, elle ressortit la petite boîte à bijou de son sac. Mettant une main en coupe au dessus, elle l’ouvrit de façon à ce que personne excepté Ekkaley ne puisse voir son contenu.
Sur un petit coussin noir se trouvaient cinq fines aiguilles brillantes.
Le jeune homme ouvrit des yeux ronds et tourna ce regard interrogateur vers Jiuphar.
- Ca vaut de l’or ça mec ! dit elle fièrement mais à mi-voix.
- Bonjour le cadeau de famille ! Pourquoi alors me l’avoir laissé ?
- Parce que si j’avais eu cette clé BCT sur moi tout à l’heure, je n’aurais peut être pas été payée.
- Ah parce que vous vous faites payer en plus ? En quelle monnaie ? Des drogues ?
- Oui. De la droguerie ordinaire. Pas du poison maison attention, des produits estampillés Pahulararfafsh origine contrôlée, alcaloïdes sélectionnés, triés sur le volet, pas d’effet indésirable à l’horizon. De la Siel Drake principalement, de la Libérateur, un peu d’Artenokie, du Shalda. Je n’en consomme pas rassurez vous. Je thésaurise seulement.
- Vous plaisantez ?
Elle parvint à acérer encore son regard comme si elle désirait comprendre jusqu’aux plus subtils raisonnements d’Ekka. Elle parut un instant surprise puis recomposa ses traits sous un masque de quiétude
- Bien sûr, vous pensiez réellement que j’étais sérieuse ?
- C’est-à-dire que ce genre de pratiques est quand même très sévèrement réprimé par l’ordre public… je veux juste dire… il est presque impossible d’échapper à la vigilance des observateurs stratosphériques et autres. Donc je pense que si vous aviez été sérieuse, vous ne seriez peut être pas en mesure de m’en parler là maintenant et surtout ici – à la surface. J’ai raison ou non ?
- Impossible dites-vous ? Non non, tranquilisez vous, je plaisantais.
Disant cela, elle plongea la main dans le petit sac tressé que son tsukemi avait élégamment fait glisser le long de sa ravissante épaule et la ressortit avec ce qui semblait bien être un échantillon de la drogue qu’elle venait de mentionner.
- Vous…
- Oui, en fait j’en consomme. Quelle farceuse je fais ! Pour être sincère, elle plongea un regard grave au fond du crâne d’Ekka, disons que je m’y mets aujourd’hui même.
Et elle porta à sa bouche le petit inhalateur. Ekka se jeta sur elle pour lui retirer l’objet des mains.
- Mais vous êtes folle !? Vous voulez vraiment vous tuer ? Ou vous faire arrêter et finir votre vie à Siddanz ?
Il lui arracha la dangereuse douceur et ouvrit sa main pour contempler ce qu’il n’avait encore jamais vu d’aussi près. Mais point de gélatine colorée ici non plus que de poudre ou d’autre chose. Le petit contenant était vide. La jeune femme le fixait avec un drôle de sourire en coin.
- J’adore ça. J’adore vraiment ça. Votre… probité, votre rectitude. Ca me… trouble.
- Mais pourquoi faites vous ça ? Bon message reçu, vous étiez sérieuse et je me sens stupide de ne pas… vous avoir crue mais quel est votre intérêt dans cette histoire ? Parce que pour prendre de tels risques il faut bien qu’il y ait une raison, non ? Alors quoi ?
- En fait, j’ambitionne d’acheter quelque chose.
Elle avait lâché ça comme une révélation de portée internationale.
- Quoi ? Je me doute que c’est illégal mais… je ne vois pas trop. Si ce n’est pas la drogue, alors des armes, je ne vois que ça.
- Vous n’y êtes pas. Je ne suis jamais tout à fait dans l’illégalité. Elle laissait des blancs pour entretenir le suspense. C’est d’un vaisseau spatial que je parle ! Un long courrier, pas un simple voilier, un croiseur.
- Un vaisseau spatial ? Une antiquité ? Mais pour quelle utilité ? Vous pouvez vous rendre sur n’importe quelle planète habitée en utilisant les diadèmes. Quel besoin de s’infliger une traversée longue et fastidieuse… Vous ne comptez pas vous lancer dans la contrebande intergalactique quand même ?
Les petits chevreaux s’étaient éloignés subitement, abandonnant leur balle pour se lancer à la poursuite d’une bande de bonbons sauteurs.
- Non. Tout ce que je veux c’est aller dans l’espace. Pas sur une planète mais dans l’espace. Vous voyez les comètes aux longs cheveux ardents ? Le froid glacial qui vous gifle, le tapis d’étoiles que l’on peut contempler tranquillement tout en chûtant à Mach 20 dans le vide interplanétaire sans même s’en rendre compte. Les accélérations transmatérielles à plus de quarante fois la vitesse de la lumière. Les plongeons dans les trous de ver.
- Il existe bien des agences qui s’occupent de ça. La Timonerie de l’Archipel entre autres.
- Je ne veux pas d’une excursion à bord d’une nef mystique ou d’un sloop interplanétaire, je veux pouvoir conduire, dangereusement si j’en ai envie et aller où bon me semble.
- Et c’est illégal ça ?
- Officiellement non mais après dix ans d’essais par la voie normale, je peux vous dire que si je n’y suis pas arrivée, c’est parce qu’officieusement, le Communium a tout fait pour que personne ne soit à même de le faire.
- Ca paraît assez surprenant mais c’est aussi leur façon de procéder pour ce qui touche aux routes dans la Nasse. Alors je suis plutôt enclin à y croire.
- Je n’ai plus aucun doute. Ca m’a été confirmé par un type en place.
- Qui ça ?
- Je ne veux pas trop en dire. Disons qu’il est bien placé pour savoir que plus aucun long courrier n’est actif depuis un certain nombre de décennies.
- Ca y est j’ai compris. Il a des vaisseaux ou un vaisseau à sa disposition et il vous laissera en profiter contre une modique somme en monnaie de contrebande. En drogues donc.
- Il va me le vendre tout simplement. Me le vendre. A moi ! C’est pas terrible, ça non ?
- Et, comment dire, pourquoi vous me dites tout ça ? Vous ne me connaissez pas finalement. C’est peut être un peu dangereux, non ?
- Peut être parce que vous m’avez sauvé la vie ou parce que vous avez essayé disons et parce que je suis toujours là grâce à votre intervention ou peut être pour une autre raison ; parce que je suis convaincue que vous n’allez pas me balancer aux Chazz maintenant. Et puis si vous le faites, tant pis, ça voudra dire que j’ai été trop naïve, voilà tout.
Elle eut un sourire profondément ironique. Lui, ne riait pas vraiment.
- Et finir vos jours à Siddanz, ça ne vous effraie pas plus que ça ?
- Même si j’étais condamnée à une peine semblable, je m’imagine mal devoir réellement l’endurer. Et puis vous l’avez dit vous même. Je n’ai finalement pas fait grand-chose d’illégal à part me balader avec un peu de drogue, ce que font des milliers de personnes ici même et en ce moment mais passons, je ne le ferai plus, c’est promis. Grâce à vous je n’ai plus à recourir à ces expédients, je suis suffisament riche D’ailleurs je dois aller livrer la clé maintenant. Vous voulez venir avec moi ?
Elle le fixait d’un œil malicieux et défiant.
- Pourquoi pas, hésita t’il, conscient de s’embarquer dans quelque chose de louche mais quelque peu curieux également. Oui, pourquoi pas après tout?
- Il n’y a aucun risque, rassurez vous. Ne vous ai-je pas aussi promis de vous présenter des gens fascinants ?
- Vous êtes fascinante.
- Vous trouvez ? J’avoue que votre audace me chavire.
- Ah ? Alors j’aurais voulu… vous échouer. Sur un rivage inconnu du monde. Aurions-nous pu, ce soir, ce matin, nous naufrager l’un l’autre ?
Elle eut un sourire encore différent.
- Je suis mariée.
- J’en suis marri. Sincèrement.
- Mais… Ca ne voulait pas dire non.
Ses rires cristallins s’égarèrent, étourdis, dans la foule. Dans le prolongement de la place, sous les myriades de petites éoliennes, de grands jardins d’agrément étaient en train, comme chaque soir, de se métamorphoser. Les calèches tac ghemarus apparaissaient noires dans le contre jour mais leurs lanternes luisaient d’un éclat doré et leurs intérieurs oranges bien éclairés se détachaient sur les grisés du soir. La large rivière s’allongeait sans bruit. Une aurore boreale de synthèse se propageait lentement, des arbres poussaient à vue d’œil pour édifier le parc polymorphe imaginé par des artistes chimiargues.
La célèbre Purgatrice Arrs-Shwœlin-Tlaï que les ragots taxaient de Vampire Kweïs, y donnerait dans quelques minutes un spectacle mégalomaniaque dans lequel de beaux et ténébreux Pheix Shattars en provenance directe des territoires vierges et sauvages de Minocentron feraient hurler les psycho-guitares au manche interminable. Déjà, quelques badauds y entraînaient leur amoureuse, leurs amis ou leurs enfants.
Un premier accord, rageur, fut plaqué pour donner le ton. Les tambours sourds commencèrent à marteler des rythmes hypnotiques montant crescendo. Des hululements aériens commencèrent à tourner.
Quatre mille quidams se mirent à hurler. Dix mille autres arriveraient dans les deux heures. Nombre de petits chefs religieux s’apprêtaient à tenter de récupérer l’évènement, certains même monteraient à des postes surélevés dans l’espoir de voler la vedette à la Purgatrice.
La marionnette vint ramasser les verres. Les deux jeunes gens n’étaient plus là.

Travaux d’aiguille – 2

Le chapitre présenté ici est l’un de ceux concernés par le Jeu-concours

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Résumé des épisodes
Ekkaley est intervenu pour sauver une jeune femme attaquée par des maraudeurs pour avoir pénétré sur leur territoire. Abandonné en plein combat, poignardé, puis sauvé par la police qui le considère néanmoins comme suspect, il retrouve la jeune femme. Désireuse de le remercier, elle lui présente un certain Deilsen, un idéaliste contraint de vivre caché pour échapper à de nombreuses et très inquiétantes menaces. Elle lui apprend alors qu’elle est mariée à Sangh Tammis, un ponte du crime organisé qui recherche justement Deilsen et qui semble s’intéresser de très près à Ekka. Alors qu’il lui fait découvrir son incroyable collection d’œuvres d’art personnelle, ils sont interrompus par l’arrivée d’un mystérieux personnage escorté de mercenaires. Sangh convainc Ekka de sortir leur dire qu’il n’est pas là et de leur remettre un présent de sa part : une bague relativement intrigante.

Chapitre 15 : Needlecraft – 2

Plonger dans une telle situation n’avait rien de commun avec ce qu’il s’imaginait l’instant d’avant. Il était à peine à l’air libre qu’il se sentit oppressé par un malaise claustrophobe. Les mercenaires le fixaient l’air concentré. Les hommes de Sangh, trop proches de lui, occupaient tout l’espace et respiraient tout l’air disponible. Il passa un doigt dans son col, déglutit et se lança.
- J’imagine que vous êtes ici pour rencontrer monsieur Tammis ?
- Très précisément, répondit l’homme en violet.
Ekka exhiba la bague. Le type s’approcha et la saisit promptement puis il fit un pas rapide en arrière. Après tout c’était censé être un cadeau.
- Hélas, en ce moment il est avec un leader politique du peuple Shattar, c’est vraiment trop dommage, moi non plus je n’avais pas de chance quand j’étais petit mais quand j’ai eu sept ou huit ans ça c’est arrangé. Comme quoi, vous voyez, il ne faut jamais désespérer. Un jour il pleut et on se dit que le Communium a décidé que c’était pour fertiliser les cultures alors on revient dans une zone d’habitation et là le soleil brille, l’eau est bonne et les cocktails sont rafraîchissants… S’il est de retour avant demain, on peut lui transmettre un message si vous voulez.
- Je n’en doute pas un instant. Mais c’est un homme particulièrement intelligent donc je suis sûr qu’il savait ce que nous sommes venus lui dire avant même que nous nous soyons mis en route. Vous m’assurez qu’il n’est pas là donc ?
- Oui oui. Je vous le garantis.
- Et vous le représentez ?
- La bague en témoigne.
- Bien entendu.
Le type à la valise s’approcha de sa propre initiative. Il la tendit à Ekka qui l’attrapa. Puis il retourna derrière celui en violet.
- Je suis Zoald Obach, reprit celui-ci, vice consul de Minocentron et mandaté ici avec l’aval du cacique Koufi. Vous maintenez donc cette version ?
Ekka fut pris soudain d’une hésitation. Il eut peur que cela soit voyant et répondit aussi vite que possible et avec toute l’assurance qu’il pouvait puiser en lui-même.
- Oui, oui.
- Avec un leader politique Pheix Shattar ? Qui ça ?
- Dannes Sebankle, je crois. Oui c’est bien ça.
- Vous l’affirmez ?
- Je l’affirme.
- Très bien. Alors bien sûr j’en prends acte. Transmettez-lui mon message et je vous souhaite une bonne journée.
- Mais… quel message ?
L’homme était déjà sorti entraînant à sa suite l’équipe de militaires. Ekka se sentait au sommet de l’inconfort. Glacé d’horreur à l’idée d’avoir menti aux forces de l’ordre pour la première fois de sa vie. Et qui plus est au célèbre neveu de la candidate la plus pressentie pour les prochaines élections constitutives. Son départ dans la vie active ne se profilait plus du tout selon le plan ourdi de longue date par Ley-1ne.
Sangh se profila dans l’encadrement de la porte, un sourire affable épinglé sur son visage incliné, minaudant un applaudissement.
- A partir de cet instant, mon garçon, tu m’appartiens.

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